Olfactologie : comprendre ses effets et ses bienfaits au quotidien

Les odeurs possèdent le pouvoir extraordinaire de nous transporter dans le passé et de nous faire revivre, avec une vivacité incroyable, les émotions ou les sensations physiques qui lui sont associées. C’est sur ce lien étroit et complexe entre l’odorat et le cerveau que s’appuie l’olfactologie. Son objectif ? Obtenir un état de bien-être grâce aux senteurs. Mais comment fonctionne-t-elle et quels bienfaits peut-on en attendre ?

Qu’est-ce que l’olfactologie ?

L’olfactologie est une discipline qui utilise l’odorat comme outil de mieux-être. Elle appartient au domaine de l’aromathérapie et, plus largement, à celui de la naturopathie

La relation entre la perception des effluves et leurs impacts sur notre comportement ou notre état d’esprit est un phénomène complexe. L’olfactologie mobilise la voie olfactive pour aller réveiller des émotions, apaiser des tensions ou libérer des blocages inconscients. Elle repose sur le lien direct qui existe entre le système olfactif et le cerveau limbique, siège des émotions et de la mémoire. L’odeur de la pluie, d’une salle de classe, de l’herbe fraîchement tondue… chaque parfum fait remonter une multitude de souvenirs et de sensations plus ou moins agréables. Le praticien en olfactologie va s’appuyer sur ce processus pour placer son client dans l’état physique et psychique désiré.

Comment fonctionne l’odorat sur le cerveau et les émotions ?

Lorsque les neurones des récepteurs olfactifs situés dans le nez captent une odeur, l’information est transmise, via un influx nerveux, au bulbe olfactif localisé dans le cerveau. Ce dernier est en lien étroit avec plusieurs structures particulières de l’encéphale, dont l’amygdale, impliquée dans la gestion des émotions, et l’hippocampe, lié à la mémoire. En les stimulant, les odeurs provoquent la libération d’hormones telles que l’adrénaline, la dopamine et la sérotonine qui apaisent ou, au contraire, énergisent. 

L’être humain pourrait discriminer 1 000 milliards de parfums, sans pour autant être capable de toutes les identifier. Si certaines odeurs sont unanimement perçues comme agréables, d’autres, en revanche, divisent les avis. La cause de ces divergences réside dans l’expérience personnelle, mais aussi dans le patrimoine génétique. Chaque individu, selon son hérédité, possède un nombre propre de récepteurs olfactifs qui détermine sa sensibilité aux fragrances. Parallèlement, il apprend à apprécier ou à détester une senteur en fonction de sa culture et de l’histoire qui lui est rattachée. Le lien entre olfaction et mémoire et émotion est très fort. 

Quels sont les bienfaits de l’olfactologie au quotidien ?

L’olfactologie peut faciliter la régulation et la gestion des émotions au quotidien. En stimulant la mémoire et les ressentis associés, les odeurs vont permettre de modifier l’état d’esprit d’une personne. Ainsi, stress et anxiété, manque de concentration ou difficulté d’endormissement peuvent être soulagés en sollicitant l’odorat. 

Aujourd’hui, différents établissements de soins ont recours à l’olfactologie pour améliorer le bien-être des patients. Les CHU de Poitiers ou de Toulouse l’utilisent dans les services de soins palliatifs ou de prise en charge des grands brûlés. En EHPAD, la diffusion de certaines fragrances avant les repas aiguise l’appétit des résidents, tandis qu’en maternité le parfum de la vanille apaise les nourrissons

Cette méthode peut aisément être employée à domicile. En déposant quelques gouttes d’huiles essentielles sur un tissu ou en recourant à un diffuseur, il est très facile de bénéficier des bienfaits de l’olfactologie. Au bureau, des effluves stimulants ou qui encouragent la concentration optimisent les conditions de travail, lorsque dans une chambre, des senteurs relaxantes favorisent l’endormissement

Rassurantes, régressives, énergisantes, gourmandes… les odeurs agissent de mille façons sur le mental. 

Quelles huiles essentielles privilégier en olfactologie ?

En olfactologie, les huiles essentielles doivent être 100 % pures et naturelles, idéalement certifiées bio par Ecocert et chémotypées, c’est-à-dire définies biochimiquement par un laboratoire indépendant. Elles sont sélectionnées pour leur excellente teneur en composés aromatiques, l’objectif étant la diffusion aérienne de leur parfum. 

Toutes les huiles essentielles peuvent être utilisées en olfactologie, à l’exception de celles riches en phénols et irritantes pour les muqueuses, et celles riches en cétones qui sont neurotoxiques.

Comment pratiquer l’olfactologie en toute simplicité ?

Pour les particuliers n’ayant pas de formation préalable en aromathérapie, les essences les plus communes, qui sont peu onéreuses et pour lesquelles il est aisé de se documenter, seront privilégiées : lavande, romarin, citron, orange, camomille… Selon les cas, certaines huiles essentielles sont proscrites, il est donc toujours préférable de prendre conseil auprès d’un professionnel avant toute utilisation. Il existe dans le commerce des mélanges spécifiques pour être sûr de ne pas faire d’erreur. 

La diffusion à proprement parler peut être réalisée en déposant simplement quelques gouttes sur un galet poreux, un mouchoir ou un oreiller. Pour un coût modeste, il est aussi possible de confectionner des inhalateurs à mèche. La vaporisation dans un espace plus vaste nécessite d’investir dans un diffuseur. Ultrasonique, à chaleur douce ou nébuliseur à froid, le choix se fera en fonction de la taille de la pièce à parfumer, du budget et des préférences esthétiques de chacun. 

Les professionnels souhaitant intégrer la pratique à leur accompagnement suivront idéalement une formation en aromathérapie

Quels troubles émotionnels peuvent être accompagnés par l’olfactologie ?

L’olfactologie accompagne de nombreux troubles émotionnels. Elle n’a pas vocation à supprimer une émotion, mais vise à soulager un état désagréable ou à accentuer une sensation de bien-être. Elle peut être associée à différentes méthodes de prise en charge thérapeutique pour en renforcer l’effet. 

La lavande vraie apaise et régule le système nerveux, le petit grain bigarade, quant à lui, réconforte et relaxe. On utilise la camomille romaine pour calmer les tensions profondes et la verveine citronnée pour contrôler les pensées envahissantes. Il existe également des huiles essentielles tonifiantes : le citron clarifie les idées, le ravintsara est un énergisant doux, tandis que la menthe poivrée apporte un coup de fouet immédiat en cas de fatigue. Certaines huiles essentielles régulent les émotions, telles que l’ylang-ylang ou la marjolaine, d’autres rassurent : rose de Damas, encens, bergamote… Les troubles du sommeil pourront être soulagés par l’utilisation de la lavande fine, de la mandarine rouge ou de la camomille romaine. Laurier noble, vétiver ou cèdre de l’Atlas aideront les personnes victimes d’un manque de confiance en elles. 

Comment intégrer l’olfactologie dans un accompagnement thérapeutique ?

Lors d’une séance de sophrologie, de psychothérapie, de coaching personnel, de méditation guidée ou d’hypnose, l’olfactologie peut accompagner le travail du praticien. Les odeurs vont stimuler les ressentis, apaiser et ancrer le consultant, ou encore faciliter un déblocage émotionnel. Le parfum à diffuser peut être sélectionné en lien avec la problématique à traiter au cours de la séance ou laissé au libre arbitre du client qui va réaliser un choix intuitif entre plusieurs fragrances qui lui sont présentées. 

L’olfaction peut se faire avec un stick inhalateur, un morceau de tissu ou de coton, ou, pour une séance plus longue, à l’aide d’un diffuseur. 

Quelles précautions prendre avec l’utilisation des huiles essentielles ?

Bien que les huiles essentielles soient des substances naturelles, elles n’en contiennent pas moins des composés puissants. Elles doivent, par conséquent, être manipulées en respectant quelques précautions. Pour une utilisation efficace et sécurisée dans le cadre professionnel, une formation en aromathérapie est plus que conseillée. 

Certaines huiles essentielles, du fait de leurs propriétés neurotoxiques, abortives ou irritantes, présentent des contre-indications pour les femmes enceintes, les bébés et les jeunes enfants. D’autres sont à proscrire chez les sujets souffrant d’épilepsie ou d’asthme. Enfin, les risques d’allergie doivent être pris en compte. Un test de tolérance est systématiquement effectué avant l’usage d’une essence pour une séance d’olfactologie. Si une gêne ou une toux apparaissent en sentant le flacon bouchon fermé, l’essence concernée est écartée du protocole. 

Outre ces risques particuliers, les huiles essentielles nécessitent toujours d’être utilisées en respectant des dosages précis. Pour inhaler à partir d’un support, une goutte suffit. Avec un diffuseur, il est recommandé de vaporiser pendant seulement quelques minutes. Au-delà, les récepteurs olfactifs sont saturés. 

Enfin, la qualité des huiles essentielles sélectionnées garantit l’efficacité de la méthode. Idéalement, elles sont chémotypées, 100 % pures et certifiées bio par Ecocert. Pour préserver leurs propriétés initiales, elles sont conservées à l’abri de la lumière et leur date de péremption est respectée

Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Foire aux questions

L’olfactologie est-elle accessible sans formation en aromathérapie ?

Peut-on pratiquer l’olfactologie chez soi sans risque ?

Quelle est la différence entre olfactothérapie et olfactologie ?

Combien de séances faut-il pour ressentir des effets positifs ?

Peut-on utiliser l’olfactologie pour accompagner les enfants ?