Index glycémique et charge glycémique : comprendre, lire un tableau et bien composer ses repas

En bref : l’index glycémique (IG) mesure la vitesse à laquelle un aliment fait monter la glycémie, par rapport au glucose (IG 100). La charge glycémique (CG) tient compte de la quantité de glucides de la portion : CG = IG × glucides (g) ÷ 100. Une CG de 10 ou moins est basse, de 20 ou plus élevée. La pastèque a un IG élevé mais une CG basse.

La baguette plus « sucrée » qu’un carré de chocolat, la carotte cuite rangée parmi les aliments à éviter : les tableaux d’index glycémique ont semé pas mal de confusion. Pourtant, bien lus, ils aident à composer des repas qui tiennent au corps, sans coup de barre à 16 heures. Encore faut-il savoir ce qu’ils mesurent, et ce qu’ils ne disent pas.

Qu’est-ce que l’index glycémique ?

Notre manuel de naturopathie niveau 2 le définit ainsi : l’index glycémique « mesure la vitesse à laquelle un aliment glucidique fait monter la glycémie (taux de sucre dans le sang), par rapport au glucose pur (référence = 100) ». Concrètement, des volontaires consomment une quantité d’aliment apportant 50 g de glucides disponibles, et l’on compare la courbe de leur glycémie sur deux heures à celle obtenue avec 50 g de glucose.

On classe généralement les aliments en trois groupes : IG bas (55 ou moins), IG modéré (56 à 69), IG élevé (70 et plus). Le manuel résume l’enjeu : un IG élevé provoque un « pic de sucre rapide », suivi de « fatigue, fringales, stockage », tandis qu’un IG bas assure une « libération lente du sucre » et une « énergie stable ».

Qu’est-ce que la charge glycémique, et pourquoi compte-t-elle davantage ?

L’IG a une limite de taille : il ne tient pas compte de la quantité de glucides que vous mangez réellement. Le manuel prend l’exemple de la carotte et de la pastèque : un IG modéré pour l’une, élevé pour l’autre, mais très peu de glucides dans une portion, donc un effet réel minime. La charge glycémique corrige ce biais.

Sa formule est simple : CG = IG × quantité de glucides de la portion (en g) ÷ 100. Une CG de 10 ou moins a un impact faible, de 11 à 19 un impact modéré, de 20 et plus un impact fort. L’exemple du manuel parle de lui-même : 120 g de pastèque (IG 75, 6 g de glucides) donnent une CG de 4,5, quand 150 g de lentilles (IG 25, 30 g de glucides) donnent 7,5.

À retenir : Le manuel le résume en une phrase : « L’index glycémique te parle de la qualité du sucre, la charge glycémique te parle de la quantité. »

Comment lire un tableau d’index et de charge glycémiques ?

Le tableau ci-dessous reprend 20 aliments courants avec une portion réaliste. Les valeurs sont des moyennes arrondies, issues des tables internationales publiées par Atkinson, Foster-Powell et Brand-Miller (2008) et de données de composition courantes. D’une étude à l’autre et d’une variété à l’autre, l’IG d’un même aliment peut varier de 10 à 20 points : lisez-les comme des ordres de grandeur.

AlimentIG arrondiPortionGlucides de la portionCG
Baguette blanche7560 g33 g25
Pain complet au levain5560 g25 g14
Riz blanc cuit70150 g42 g29
Riz basmati cuit55150 g40 g22
Pâtes blanches al dente50150 g cuites45 g23
Purée de pommes de terre85150 g20 g17
Patate douce cuite60150 g30 g18
Quinoa cuit53150 g30 g16
Lentilles cuites30150 g25 g8
Pois chiches cuits30150 g27 g8
Flocons d’avoine en porridge5540 g secs24 g13
Pétales de maïs8030 g25 g20
Pomme38150 g17 g6
Banane mûre60120 g25 g15
Pastèque75200 g15 g11
Carotte cuite47100 g6 g3
Raisins secs6430 g22 g14
Jus d’orange50200 ml20 g10
Soda sucré63330 ml35 g22
Chocolat noir 70 %2520 g7 g2

Ce qui saute aux yeux : la portion change tout. Le riz blanc et la baguette cumulent un IG élevé et beaucoup de glucides, d’où une CG forte. La carotte cuite, souvent montrée du doigt, affiche une CG de 3. La pastèque passe d’une charge basse à modérée quand la tranche double. Et les légumineuses restent les championnes de la charge basse.

Qu’est-ce qui fait varier l’index glycémique d’un aliment ?

L’IG n’est pas gravé dans le marbre. Un même aliment change de comportement selon la façon dont on le prépare et ce qu’on mange avec.

  • La cuisson : des pâtes al dente ont un IG plus bas que des pâtes trop cuites ; une pomme de terre en purée monte plus vite qu’une pomme de terre vapeur entière.
  • Le refroidissement : riz, pâtes ou pommes de terre cuits puis refroidis développent de l’amidon résistant, digéré plus lentement.
  • Les fibres, les graisses et les protéines : elles ralentissent la vidange de l’estomac et donc le passage du sucre dans le sang.
  • L’acidité et la transformation : un filet de vinaigre ou de citron abaisse légèrement la réponse glycémique ; les céréales soufflées, les farines très fines et les fruits très mûrs la font grimper.

La mastication compte aussi, ce que rappelle notre manuel lorsqu’il conseille « IG bas à modéré + bonne mastication ». Manger lentement laisse le temps aux signaux de satiété d’arriver. Et les réponses individuelles varient : deux personnes ne réagissent pas exactement de la même façon au même repas.

Pourquoi s’intéresser à la glycémie quand on n’est pas diabétique ?

Parce que les montagnes russes glycémiques se ressentent au quotidien. Le manuel niveau 2 décrit l’enchaînement : « pics de glycémie, sécrétion d’insuline, stockage de graisses », puis une « hypoglycémie réactionnelle » avec « fatigue, irritabilité, fringales ». Le coup de barre de fin de matinée après un petit-déjeuner pain blanc, confiture et jus de fruits, beaucoup le connaissent.

À long terme, une alimentation à IG et CG élevés est associée, dans les études d’observation, à un risque accru de diabète de type 2. Ce que ces études ne montrent pas : que l’IG serait le seul critère d’une bonne alimentation. Un aliment à IG bas peut être très gras, très salé ou ultra-transformé. Le chocolat noir a une CG minuscule ; il n’en devient pas un aliment à volonté.

Quelles règles simples pour composer son assiette ?

Inutile de sortir la calculatrice à chaque repas. Cinq repères suffisent à faire baisser la charge glycémique d’une journée.

  1. Associez toujours les glucides à des fibres, des protéines ou de bonnes graisses, comme le recommande notre manuel : « associer toujours glucides + fibres + bonnes graisses ou protéines ».
  2. Remplissez la moitié de l’assiette de légumes, un quart de féculents ou de légumineuses, un quart de protéines.
  3. Préférez les formes complètes et entières : riz complet ou basmati, pain au levain, flocons d’avoine plutôt que céréales soufflées, fruit entier plutôt que jus.
  4. Ajustez les portions de féculents : un accompagnement de riz blanc raisonnable n’a pas la même charge qu’une grande assiette.
  5. Mangez les fruits en fin de repas ou avec quelques oléagineux : le manuel note qu’un fruit « devient encore plus doux pour la glycémie s’il est mangé avec des oléagineux ».

Pour avancer sans frustration, notre article sur le rééquilibrage alimentaire propose une méthode progressive. Et si vous vous interrogez sur l’ordre et les mélanges d’aliments, voyez aussi l’association alimentaire.

Diabète, grossesse, sport : quand l’IG ne suffit plus ?

Précaution : En cas de diabète, de prédiabète, de diabète gestationnel ou de traitement qui agit sur la glycémie, l’alimentation se construit avec le médecin, le diabétologue ou le diététicien. Ne modifiez jamais un traitement en fonction d’un tableau d’index glycémique.

Chez une personne diabétique, les tableaux d’IG sont un outil parmi d’autres, jamais un traitement. La quantité totale de glucides, leur répartition sur la journée, l’activité physique et les médicaments pèsent davantage. Une hypoglycémie chez une personne traitée par insuline ou par certains comprimés se corrige d’ailleurs avec du sucre rapide, c’est-à-dire précisément un aliment à IG élevé. Les repères sur le diabète sont disponibles sur le site de l’Assurance maladie.

Certains signes justifient de demander au médecin un dosage de la glycémie :

  • Soif intense et envie d’uriner fréquente, y compris la nuit.
  • Fatigue inhabituelle ou amaigrissement sans raison apparente.
  • Infections à répétition ou plaies qui cicatrisent mal.
  • Antécédents familiaux de diabète, tour de taille élevé, diabète lors d’une grossesse passée.

Le sportif, lui, a parfois besoin de glucides rapides pendant ou juste après un effort long. L’IG se lit donc en fonction du contexte, pas comme une liste d’aliments interdits.

« Je mangeais une grande assiette de pâtes trop cuites chaque midi et je dormais à moitié à mon bureau à 15 heures. En formation, nous avons calculé la charge glycémique de mes repas. J’ai réduit la portion, ajouté des légumes et des œufs, gardé les pâtes al dente. Le coup de barre a presque disparu. »

Julien, 38 ans, ancien conseiller bancaire, Marseille

Comment se former à la nutrition naturopathique ?

Index et charge glycémiques, équilibre acido-basique, micronutriments et construction de programmes alimentaires personnalisés sont au cœur du niveau 2 de notre formation de naturopathe, consacré à la nutrition. Le cursus complet coûte 6 500 € : stage Premiers Pas de 2 jours à 500 €, puis 5 niveaux de 3 jours sur 8 mois à 6 000 €, soit 17 jours en présentiel. Les groupes comptent 10 stagiaires en moyenne, dans 12 villes, et le passage de la certification de naturopathe Naturalto est inclus.

Note : Ces approches s’inscrivent dans le cadre du bien-être complémentaire et ne sauraient remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Foire aux questions

Quelle différence entre index glycémique et charge glycémique ?

L’index glycémique indique la vitesse à laquelle un aliment fait monter la glycémie, pour une quantité fixe de 50 g de glucides. La charge glycémique tient compte de la quantité de glucides réellement présente dans la portion consommée. Elle se calcule en multipliant l’IG par les grammes de glucides, puis en divisant par 100. La charge reflète donc mieux l’effet réel d’un repas.

Quels aliments ont un index glycémique bas ?

Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), la plupart des légumes, les pommes, les poires, les agrumes, les oléagineux et le chocolat noir ont un IG bas. Les flocons d’avoine et le pain au levain se situent plutôt entre bas et modéré. Le mode de cuisson et la portion modifient toutefois l’effet réel. Un IG bas ne garantit pas à lui seul qu’un aliment soit équilibré.

La carotte cuite est-elle à éviter ?

Non. Son index glycémique est modéré, mais une portion contient très peu de glucides, ce qui donne une charge glycémique d’environ 3. C’est un exemple typique de la limite de l’IG utilisé seul. La carotte cuite apporte fibres et caroténoïdes et reste un excellent légume, y compris pour les personnes attentives à leur glycémie.

Le miel a-t-il un index glycémique plus bas que le sucre ?

Selon les variétés, le miel a un IG proche de celui du sucre ou un peu inférieur, le miel d’acacia figurant parmi les plus bas. Il reste un sucre ajouté, à consommer en petite quantité. Notre manuel de naturopathie le classe parmi les aliments à IG élevé, à côté du sucre blanc. Remplacer le sucre par du miel change peu de chose si les quantités restent les mêmes.

Comment baisser l’index glycémique d’un repas ?

Associez les féculents à des légumes, des protéines et une bonne matière grasse. Préférez les cuissons al dente, les céréales complètes et les aliments entiers plutôt que mixés ou soufflés. Un filet de vinaigre ou de citron dans une salade abaisse légèrement la réponse glycémique. Mangez lentement et en mâchant bien.

Faut-il suivre l’index glycémique quand on est diabétique ?

L’index glycémique est un outil utile, mais il ne suffit pas à gérer un diabète. La quantité totale de glucides, la répartition des repas, l’activité physique et les traitements comptent davantage. Le plan alimentaire se construit avec le médecin, le diabétologue ou le diététicien. Aucun tableau ne doit conduire à modifier un traitement sans avis médical.

Le riz basmati a-t-il un IG plus bas que le riz blanc classique ?

En général oui : le riz basmati a un IG modéré, souvent autour de 50 à 58, contre 70 ou plus pour certains riz blancs à grains ronds. Le riz complet se situe aussi plus bas que le riz blanc. La cuisson et la portion restent décisives. Un riz cuit puis refroidi voit aussi son effet sur la glycémie légèrement diminuer.

Les fruits font-ils monter la glycémie ?

Les fruits entiers ont le plus souvent un IG bas à modéré et une charge glycémique faible, grâce à leurs fibres et à leur eau. Les fruits très mûrs, les fruits secs et surtout les jus ont un effet plus marqué. Les manger en fin de repas ou avec quelques oléagineux adoucit la réponse. Pour une personne diabétique, la quantité de fruits se discute avec le soignant.